Chaque année, les Français sont de plus en plus nombreux à choisir d’aller passer leur retraite dans un pays étranger. Selon les chiffres de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV), ils sont ainsi près de 1,3 million à avoir décidé de s’expatrier au moment de la retraite, soit environ 1 retraité français sur 10 !

Il est à considérer que le choix de l’expatriation est un moyen majeur d’améliorer sa situation financière en compensant la perte du pouvoir d’achat automatiquement entraînée lors de la retraite par le choix d’un pays où le coût de la vie – y compris la fiscalité – est inférieur à la France. 

Ce choix de vie – puisqu’il s’agit d’un séjour sur le très long terme –  doit cependant être mûrement réfléchi et s’appuyer sur des critères que chacun pourra valider notamment en fonction de sa situation patrimoniale, familiale et personnelle.

Il est bien évident que la coût de la vie dans le pays étranger, même s’il peut être le facteur déclenchant, ne doit aucunement constituer le seul critère à retenir lors d’une expatriation à l’occasion de la retraite. Il faut en effet prendre en compte la « qualité de vie » spécifique au pays d’accueil, car ce que recherche avant tout le retraité qui quitte la France en se rendant dans un pays étranger où le coût de la vie est inférieur, c’est bien de pouvoir de la sorte bénéficier d’une meilleure qualité de vie, l’amélioration du pouvoir d’achat ainsi obtenu ne constituant qu’un élément de ce nouveau « bien-être ».

D’autre part, il ne faut pas oublier que la fiscalité est évolutive (à la hausse comme à la baisse) que ce soit dans le pays d’accueil ou le pays d’origine, et certains futurs retraités français qui auraient été aujourd’hui non imposables en France en raison de la récente suppression de la deuxième tranche pourraient se retrouver fiscalement défavorisés dans un pays étranger où les tranches d’imposition sont différentes .

Les critères à retenir pour évaluer le niveau de qualité de vie du pays d’accueil :

  1. La présence d’infrastructures de qualité : réseaux routiers et ferroviaires, lignes aériennes, Internet très haut débit et fibre, hôpitaux, etc.  On accordera par ailleurs une importance toute particulière à la qualité des services de santé, primordiale à un âge de la vie où statistiquement certaines maladies peuvent apparaître et où la fréquences des contrôles médicaux a tendance à s’accroître. La présence d’équipes médicales compétentes est donc à prendre en considération lors d’une expatriation. D’autre part, le fait que des médecins, des chirurgiens et des dentistes francophones puissent exercer dans certaines grandes métropoles du pays constituera indéniablement un véritable plus.
  1. Des conditions climatiques favorables : un ensoleillement plus ou moins important, des températures clémentes et des hivers doux sont autant de facteurs susceptibles d’entraîner un sentiment de bien-être et de bonheur chez de nombreux individus. Ce critère est d’ailleurs bien souvent primordial pour une majorité de candidats à l’expatriation, que celle-ci soit liée ou non à un départ lors de la retraite.
  1. La capacité d’adaptation et d’intégration à la population locale : elle passe tout d’abord par la possibilité de communiquer et d’échanger dans la langue pratiquée par les habitants du pays d’accueil et le niveau de maîtrise de celle-ci. Or, avec l’âge, la capacité de l’être humain à percevoir les sons  et donc à les reproduire va en diminuant. Par conséquent, et à moins de posséder un don inné pour l’apprentissage des langues étrangères, on privilégiera soit les pays où est utilisée une langue ayant des parentés avec la langue française (à l’exemple des pays hispanophones), soit des pays où est pratiquée une langue étrangère que vous maîtrisez plus ou moins (on pourra alors éventuellement envisager de s’expatrier dans un pays où l’anglais est également langue officielle à l’image des Philippines, par exemple).

D’autre part, si vous avez déjà voyagé à travers le monde, vous aurez constaté que certaines populations sont plus ou moins accueillantes vis-à-vis des étrangers.  En effet selon les pays, l’accueil réservé aux étrangers peu être plus ou moins bienveillant. Apprécierez-vous par ailleurs de vivre – et non de séjourner pour une courte période, comme pendant des vacances – dans un pays où l’on pratique des prix différents pour les « étrangers », comme ce peut être le cas des certains pays lointains et « exotiques »… ?

  1. Un pays garant de la liberté et de la sécurité de ses concitoyens : le critère de sécurité ne doit en effet pas être négligé à un âge où l’on appartient à une catégorie de population plus « vulnérable ». D’ailleurs, à quoi bon vivre dans un pays où nous disposerions d’un meilleur pouvoir d’achat mais où nous vivrions dans un climat d’insécurité latente, éventuellement reclus dans certains quartiers protégés ? D’autre part, vivre dans un Etat de droit, respectueux des droits de l’homme et du citoyen peut paraître comme un prérequis quand on vient de France;  et on pourrait avoir des difficultés à s’adapter à un pays où les libertés individuelles ne sont pas respectées et où la censure est pratiquée.
  1. La relative proximité géographique de la France ou, à défaut, la facilité pour s’y rendre : bien souvent, la première barrière à une expatriation au moment de la retraite peut être la crainte de se couper de nos attaches affectives, c’est-à-dire être éloigné de notre famille, de nos enfants et de nos petits-enfants. On peut redouter de voir se distendre des liens que nous avons passé toute une partie de notre vie à tisser et à construire. Et il est bien compréhensible que l’on ne souhaitera pas manquer une naissance, un baptême ou un mariage. En cas départ à l’étranger, on veillera donc à choisir des pays et des villes proposant des liaisons régulières et fréquentes avec la France. L’idéal serait de résider dans une ville étrangère disposant d’un aéroport desservi par des compagnies aériennes low-cost comme Ryanair ou Easyjet par exemple. Dans tous les cas, il ne faut pas que le coût du billet d’avion puisse constituer un obstacle majeur aussi bien si vous souhaitez rendre visite à vos proches restés en France que si ceux-ci désirent venir vous retrouver. Dans d’autres contextes, la présence d’un hub desservant les pays de la région dont certains offrant des liaisons régulières avec la France sera également à prendre en considération dans le choix du lieu d’expatriation.
  1. Un cadre géographique agréable : on pourra également privilégier un pays et un lieu offrant une forte diversité géographique (entre mer et montagne par exemple), aux paysages naturels riches, et proposant notamment une qualité de l’air, de l’eau et de l’alimentation élevée. Il est en effet particulièrement important de tenir compte des incidences de la pollution sur notre organisme à un âge où le corps offre moins de résistance aux facteurs extérieurs et ambiants.

A partir de ces différents critères, nous établirons une liste des différents pays qui se présentent comme des choix possibles pour passer une retraite alliant qualité de vie et amélioration du pouvoir d’achat.

Outre les destinations habituellement mentionnées dans le cadre d’une expatriation à l’heure de la retraite (l’Espagne, ou encore plus récemment le Portugal), nous nous intéresserons également dans nos prochains articles à des pays qui, tout en étant éloignés de la France, correspondent néanmoins partiellement aux critères que nous avons retenus, à l’image par exemple du Costa Rica ou des Philippines.

Et vous, envisagez-vous une expatriation au moment du départ à la retraite ou bien avez-vous déjà franchi le pas ? Quel pays avez-vous choisi ? Et selon quels critères ? Quels sont vos retours d’expérience ?