Et si vous commenciez à gagner de l’argent tout de suite en transférant vos liquidités du livret A vers l’assurance-vie  ?

Avec une épargne rémunérée à 1% (taux en vigueur depuis le 1er août 2014), le Livret A offre cette année encore une rentabilité nettement inférieure à l’assurance-vie dont le rendement moyen des fonds en euros atteint en moyenne 2,50% en 2014 (chiffre communiqué par la Fédération française des sociétés d’assurances). De son côté, le fonds en euros du contrat que j’ai souscrit affiche une des meilleures rentabilités du marché : 3,85% !!! Soit près de 4 fois plus que si j’avais investi la même somme d’argent sur un Livret A…

Pourtant, beaucoup de personnes continuent à placer leurs liquidités sur le Livret A et perdent donc de l’argent année après année.  

J’ai identifié 5 raisons majeures qui permettraient d’expliquer cette attitude apparemment incompréhensible et qui consiste à vouloir continuer à perdre de l’argent en plaçant ses liquidités sur un Livret A plutôt que dans une assurance-vie :

  1.  L’absence de sécurité :

D’un côté, le Livret A, qui peut être souscrit auprès des établissements bancaires, est garanti et réglementé par l’Etat qui en fixe le taux et les modalités  de fonctionnement. De l’autre, les fonds en euros des assurances-vie dont la rémunération dépend de chaque assureur. Pourtant, il n’y a aucune crainte à avoir sur les sommes investies sur ces fonds en euros : outre qu’elles bénéficient d’un « effet de cliquet » (…), les sommes d’argent que vous avez placées sont couvertes par le Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) à hauteur de 70 000 euros par contrat et par assureur ! Ce qui, vous en conviendrez, est très largement suffisant… Et si pour diverses raisons (héritage, cession d’entreprise, vente immobilière…) vous disposiez d’un montant supérieur à placer, il suffirait de souscrire de nouveaux contrats auprès d’assureurs différents.

Il n’y a donc pas, en réalité, d’inquiétude à avoir sur la sécurisation des sommes d’argent investies sur les fonds en euros de l’assurance-vie.

  1.  Les frais retenus par l’assureur :

Il est nécessaire ici de souscrire un contrat auprès d’un assureur qui propose l’absence de frais sur chacun des versements. Cette solution existe notamment auprès de contrats qui peuvent être souscrits sur Internet (Linxea, Mes placements, Mon financier, etc.).  Et si vous tenez absolument à signer un contrat chez un assureur « traditionnel », il y a quelques compagnies d’assurances qui prennent des frais réduits sur les versements réalisés (0,60% chez la MACSF en cas de prélèvement automatique, etc.).

Les autres frais à surveiller de près, ce sont les « frais de gestion » annuels. Là encore, il est important d’être sélectif et de bien se documenter avant de choisir son contrat d’assurance-vie. Les contrats qui peuvent être souscrits auprès de Linxea, Mes placements, Mon financier ou la MACSF , par exemple, proposent des frais de gestion compris entre 0,50 et 0,60% !

Enfin, les taux de rendement affichés par les assureurs s’entendent « frais de gestions inclus » : c’est-à-dire que le taux de rendement moyen de 2,50% pour 2014 est bien « net de frais de gestion »; de même que les 3,85% que j’ai obtenus avec mon contrat sont également nets de frais de gestion….et bien évidemment avec 0% sur versements !

  1.  La fiscalité :

Voilà un argument clé systématiquement donné en faveur du Livret A : « les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ». Et dans un pays réputé pour le taux élevé de ses prélèvements obligatoires, c’est certainement un argument auquel les épargnants sont sensibles.

Pourtant, l’assurance-vie continue à bénéficier d’une fiscalité particulièrement douce :

– L’impôt :

Seuls les gains (et non le capital versé !), peuvent être imposés, uniquement en cas de retrait, selon des modalités qui varient selon l’ancienneté du contrat :

Pendant les 4 premières années du contrat, l’imposition des bénéfices en cas de retrait est fixée à 35% pour passer à 15% entre la cinquième et la huitième année. Au-delà de la huitième année, les intérêts versés bénéficient d’un abattement annuel de 4600 euros pour un célibataire et 9200 euros pour un couple. Autant dire qu’à partir de huit années de détention du contrat, et à moins de retraits de plusieurs dizaines de milliers d’euros sur l’année, vous n’aurez pas d’impôt à régler.

– Les prélèvements sociaux :

C’est la part obligatoirement due chaque année sur les intérêts des fonds en euros de l’assurance-vie, soit 15,50% actuellement.

Mais qu’en est-il donc concrètement en effectuant des retraits au cours des 4 premières années de détention du contrat, c’est-à-dire dans une perspective de placement de liquidités à court ou moyen terme ?

Il existe en fait des techniques légales qui permettent de réduire fortement la part de l’impôt sur les retraits y compris pendant les 4 premières années d’existence du contrat, pour la ramener à un taux quasi nul (c’est le cas notamment des avances sur contrat ou encore du choix de la réintégration des intérêts dans la déclaration de revenus pour les foyers non-imposables).

Il reste par conséquent  la taxation à 15,50% au titre des prélèvements sociaux.  Dans notre exemple, avec un contrat ayant offert des intérêts de 3,85% en 2014 (nets de frais de versement et de gestion), ce taux réduit des 15,50% des prélèvements sociaux revient au final à 3,25%. Cela en fait un placement avec un rendement supérieur à plus de 3 fois à ce qui aurait été obtenu sur un Livret A.

  1.  Le manque de liquidité des sommes déposées :

C’est l’autre argument majeur généralement donné en défaveur de l’assurance-vie. Là encore, il est important d’intégrer ce paramètre dans les critères de sélection du contrat d’assurance-vie que vous allez choisir. Légalement, les assureurs disposent d’un délai de deux mois maximum pour verser les sommes que l’on souhaite retirer du contrat. Cependant, certains assureurs s’engagent contractuellement à verser les sommes dans la semaine, voire les 72h suivant la date de réception de la demande de retrait ou d’avance (c’est le cas par exemple de Linxea ou de la MACSF). Quand on sait que pour tout retrait généralement supérieur à 1000 euros de nombreux établissements bancaires demandent à être prévenus 48h à l’avance pour mettre les fonds à votre disposition, les délais de versement des liquidités en provenance des contrats d’assurance-vie ne semblent pas vraiment dissuasifs.

  1.  La force de l’habitude :

Depuis des générations, nombre d’enfants parfois bébés se sont vu offrir par un parent l’ouverture d’un Livret A. Devenus adultes, ils continuent à alimenter ce Livret qui fait désormais partie de leur environnement financier familier. Par habitude, routine ou inertie, beaucoup préféreront ainsi massivement placer leurs liquidités sur un Livret A, perdant alors au fil du temps des milliers d’euros d’intérêts par rapport à un dépôt sur les fonds en euros de l’assurance-vie…

A condition d’être attentif et sélectif dans le choix de ses contrats, les fonds en euros de l’assurance-vie offrent donc des rendements largement supérieurs au taux du Livret A, pour un niveau de garantie égal et une disponibilité des fonds souvent proche. Quant à la fiscalité, elle reste limitée et ne remet pas en cause un écart de rendement significativement positif par rapport au Livret A. Face à de tels atouts, placer ses liquidités sur un contrat d’assurance-vie peut se révéler être un choix judicieux pour celui qui veut voir son épargne disponible fructifier dans les meilleures conditions possibles.

Pour autant, le Livret A n’est pas dénué d’intérêt pour accueillir de petites sommes d’argent qui dormiraient sur un compte courant non rémunéré et qui pourraient répondre à des besoins de trésorerie immédiats ou prévisibles. Tout est une question de proportion et de bon sens ! Pourtant, certains préfèreront encore d’abord avoir rempli leurs Livrets A (à raison d’un Livret pour chacun des membres du foyer fiscal) puis d’autres livrets réglementés (à l’exemple du Livret de développement durable) avant d’envisager de souscrire à un fonds en euros sur un contrat d’assurance-vie, perdant ainsi année après année d’importantes sommes d’argent. A l’échelle d’une vie d’épargnant, il faut compter des dizaines de milliers d’euros ainsi « évaporés », définitivement « perdus » alors que ces mêmes sommes d’argent auraient pu permettre d’améliorer sa situation financière une fois arrivé à la retraite.

Et vous ? quelle stratégie avez-vous mis en place pour vos liquidités ? Comment avez-vous sélectionné votre assurance-vie ?